Des cheveux gris dégageaient son front ridé, la bouche pincée et peinturlurée d'un rouge rosé, l'air strict, renforcé par les deux cercles de fer qui lui cernaient les yeux, lesquels fuyaient mon regard inquisiteur. De rapides coups d'oeil à sa montre pour vérifier qu'elle avait encore le temps de vivre. Ses mains noueuses étaient croisées au dessus de son sac en cuir usé et tâché d'encre. On aurait pu se demander d'où elle provenait, mais il était plus intéressant d'observer sa peau rosée où de nombreux artifices féminins cherchaient à la replacer dans sa jeunesse. Ses vêtements étaient marron comme la terre qui ne tarderait pas à recouvrir son corps décomposé par le temps. C'était sans doute la première et la dernière fois que je l'apercevais, les yeux fermés, les bras croisés, prête à mourir.